Entretien avec Virginia Besson Robilliard – Les Sorcières de Salers

A l'occasion de la sortie du deuxième volume des Sorcières de Salers, La Table d'Émeraude, Virginia Besson Robilliard a accepté de répondre à quelques une de nos questions.

 

Almyre : Que peut-on dire de Virginia Besson Robilliard ?

Virginia Besson Robilliard : Smith et WilsonVirginia est née à La Rochelle en 1975 d'un père français et d'une mère indo-mauricienne et les Sorcières de Salers est sa premières série de romans de Fantasy.

Elle a beaucoup voyagé, vécu au Canada, à l'île Maurice et en Inde et coule une vie heureuse avec son mari, leurs enfants et leurs deux chartreux, Smith & Wilson (en guests stars sur la photo ci-contre).

Virginia écrit depuis très jeune, c'est l'été de ses 14 ans qu'elle a écrit et terminé son premier livre mais ne l'a jamais montré à qui que ce soit.

Elle adore faire des recherches pour ses livres et c'est pour ça, entre autre, qu'elle a crée son blog, Le Cabinet Fantastique, pour partager avec ses lecteurs toutes les recherches qu'elle fait et qu'elle transforme ensuite en romans. Ces même romans et autres écrit dont elle parle sur cette page, www.virginiabrobilliardbooks.com.

 

Al : Depuis quand écrivez-vous ?

VBR : Je me souviens déjà qu’en primaire je griffonnais des bouts d’histoire et des idées sur des bouts de cahiers de brouillons. J’ai su lire tôt, mon institutrice de l’époque m’encourageait à toujours lire plus et tout cela nourrissait mon imagination déjà fertile. Je suppose que l’envie d’écrire est devenue naturelle pour moi à ce moment-là. Il faut dire également que j’ai toujours été une grande timide, je parlais peu, l’écriture était donc mon moyen d’expression préféré.

L’été de mes 14 ans j’ai découvert l’usage des ordinateurs, c’était un des tous premiers Mac, comparé à ce que l’on trouve aujourd'hui c’était une machine dérisoire, mais à l’époque, c’était presque comme si je venais de découvrir le Saint Graal.

Du coup, cet été-là, j’ai commencé à écrire une histoire que j’avais dans la tête depuis un moment et je l’ai terminée avant la reprise de l’école. C’était la première fois que je terminais une histoire et que je l’imprimais (et la seule copie est toujours avec moi encore aujourd’hui). Jusqu’ici j’avais rempli pas mal de cahiers d’idées et d’histoires commencées non terminées, j’ai toujours quelques-uns de ces cahiers d’ailleurs, mais là. C’était mon premier vrai pas vers la carrière que je voulais, celle d’écrivain.

Al : De quoi parlait votre première histoire ?

VBR : Il faut d’abord savoir que déjà à l’époque, j’aimais les mystères. J’aimais les mythologies, les mythes, les légendes, les contes, les objets mystérieux, les lieux mystérieux, les énigmes…bref, vous voyez le tableau je suppose ?

Pour ma première histoire j’ai donc tout naturellement choisi un sujet qui me faisait déjà me poser beaucoup de questions, j’ai nommé l’Atlantide. Le reste sortait tout droit de mon imagination mais en gros j’avais imaginé une équipe de scientifique qui découvraient une autre vérité sur le mythe de l’Atlantide.

Al : Quelles sont vos influences ?

VBR : René Barjavel, Jules Vernes, Maurice Leblanc, Emile Gaboriau, Sir Arthur Conan Doyle, les frères Grimm… tous ces auteurs et bien d’autres m’ont beaucoup influencé c’est certain. Dans les auteurs plus récents et plus « fantastique/fantasy » David Gemmel, Ilona Andrews ou encore Jim Butcher sont indéniablement des écrivains auprès desquels je puise de l’inspiration.

Il m’arrive également souvent qu’une scène de la vie quotidienne dans la rue, ou parfois une façon de tourner une phrase qui m’interpelle, se transforment tout de suite en idée et alors mon imagination prend le relais.

Par exemple, il y a quelques jours je regardais distraitement un documentaire à la télé tout en cherchant une idée pour une histoire courte que je suis en train de rédiger.

Dans cette émission, le narrateur a soudain dit une phrase qui m’a interpellée et mon imagination a automatiquement et directement pris le relais. Le résultat ? je me suis retrouvée avec un synopsis en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et beaucoup d’idées qui se sont mis à germées en même temps dans mon esprit.

Al : Comment sont apparues les Sorcières dans votre vie ?

VBR : Très tôt, après tout, elles sont plutôt bien présentes dans les contes, parfois bienveillantes, souvent malveillantes, mais indubitablement présentes.

Comme j’aimais lire contes et mythologies du monde entier et qu’elles font partie de nombreux mythes dans de nombreux pays, elles ont tout naturellement pris place dans mon « bestiaire » imaginaire aux côtés des autres lutins, fées, héros et objets enchantés qui en faisaient déjà parti.

Al : Avez-vous choisi des modèles pour les décrire ?

VBR : Non, je n’ai pas pris de modèles particuliers pour les décrire, j’ai simplement voulu « mettre ensemble » des caractéristiques que j’aime et qui collent, selon mon imagination, à l’image de sorcières puissantes mais gentilles. Les yeux verts, les cheveux longs etc.

Al : Qu’y aura-t-il dans le deuxième volume des Sorcières de Salers ?

VBR : Dans ce deuxième tome j’ai voulu dévoiler un autre sujet que j’aime et qui m’intéresse depuis longtemps, l’alchimie. La Table d’Émeraude, thème central de ce deuxième opus, est un objet très connu de la culture hermétique alchimique mais pour être si connue, elle reste toujours très énigmatique.

J’ai donc voulu donner ma propre interprétation et la partager avec mes lecteurs.

Al : A qui sont destinés vos livres ?

VBR : Je dirais qu’ils sont surtout destinés à la catégorie de lecteurs désignée sous l’appellation « jeunes adultes » et les lecteurs aimant le fantastique et la fantasy.

Al : Vous avez lié l’univers magique de l’Ouest à celui de l’Est, comment avez-vous eu l’idée de cette belle relation ? Était-ce facile ?

VBR : Cela faisait un petit moment que je ruminais une histoire de sorcières et j’avais déjà plusieurs idées. Puis un jour j’ai fait la remarque à ma fille qu’elle ne lisait que des mangas et qu’elle devrait franchement lire aussi d’autres choses. Ce à quoi elle m’a répondu que je ne connaissais pas les mangas et que je ne pouvais pas dire que ce n’était pas de la lecture.

J’ai dû admettre qu’elle avait raison mais, n’ayant jamais eu peur de me remettre en question, je lui ai proposé un pari, elle lisait un livre et je lisais un manga. J’en ai choisi un qui traitait de fantasy japonaise et j’ai découvert une mythologie riche et beaucoup plus variée que ce que j’en connaissais.

Emballée, je me suis dit que j’aimerais faire découvrir cet univers à mes lecteurs et mon imagination s’est chargée du reste.

Al : Le thème de vos livres est la magie ancienne, les légendes etc. Est-ce simple d’adapter ce monde à l’époque du numérique ?

VBR : Simple, non, mais palpitant ça oui. De fait, je dois bien avouer que j’adore mélanger l’ancien et le nouveau et j’aime le faire dans beaucoup de domaines de ma vie d’ailleurs, pas seulement l’écriture.

Je trouve qu’il y a toujours une « leçon » à tirer de l’histoire et de ses mythes et que les leçons de celle-ci sont souvent avantageusement adaptables à des situations d’aujourd’hui.

Al : Comment faites-vous vos recherches ?

VBR : J’utilise l’énorme mine d’information que représente internet pour une grande partie de mes recherches. Je suis également abonnée à la base de données Gallica, qui est le site des ouvrages numérisés de la Bibliothèque Nationale.

J’aime mettre le nez dans les vieux bouquins et vous pouvez être sûr aussi que dans chaque endroit que je visite je vérifie toujours s’il y a des bouquinistes à proximité.

Pour moi, ces échoppes-là sont souvent synonymes de Caverne d’Ali Baba mais, comme dirait mon mari, il faut me surveiller quand j’en trouve une parce que si on sait quand j’y rentre on ne peut jamais prévoir quand je vais en ressortir !

Al : Écrivez-vous en écoutant de la musique ? Auriez-vous des titres à partager ?

VBR : Oui, j’écris toujours en écoutant de la musique et ce sont des musiques épiques, des musiques de films aussi, mais toujours sans paroles uniquement. J’écoute tout un tas d’autres styles de musiques, avec paroles cette fois, pour les autres tâches de la vie quotidienne et il s’agit bien souvent de bon rock ;-).

Parmi les albums que j’écoute en écrivant, il y a « Magenta » de Baron Eraser, il y aussi « Blaze of Glory », « Vengeance » et « Strengh to Believe » d’Epic Score.

Pour les musiques de films j’écoute Alan Silvestri, Hans Zimmer, Ennio Morricone, John Williams, James Horner et bien d’autres encore.

Al : L’audio semble aussi vous intéresser (webradio, podcast). Avez-vous des projets pour ce type de médias ?

VBR : Oui tout à fait, j’ai vraiment envie de me lancer dans le podcast et la webradio pour proposer encore d’autres façons de partager mon univers avec mes lecteurs.

Oui j’ai des projets, mais ceux-ci demandant quelques ressources, je n’ai pas encore eu le temps et les moyens de me lancer vraiment, par contre, j’ai commencé à potasser des grilles de « programme » et je me tiens prête pour le moment où je pourrais lancer ces projets. 

Al : Vous êtes auto éditeur. Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

VBR : La liberté de pouvoir publier mes histoires, ce que j’ai toujours voulu faire, même sans passer par un éditeur classique et trouver malgré tout mon public de lecteurs et échanger avec eux.

Je dois dire que j’étais loin de me douter que ce serait un tel combat que de m’auto éditer ! Mais je pense sincèrement que le jeu en vaut la chandelle, même si je reste encore relativement inconnue pour le moment, je sais que cela va changer pour le meilleur très bientôt (je suis une incurable et fervente optimiste pratiquante).

Je me sens plus proche de mes lecteurs en adoptant cette méthode car je suis impliquée dans tous les stades de la vie de mes livres. Je trouve cela valorisant de pouvoir ne pas ménager mes efforts pour ma passion et cela me permet d’entretenir une relation privilégiée avec mes lecteurs encore plus vraie et plus gratifiante à mon sens.

Al : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un(e) auteur(e) qui veut se lancer dans l’auto édition ?

VBR : Ne pas abandonner, parce que, même si je ne suis pas religieuse, Dieu sait que la tentation est grande de le faire quand on voit tout ce à quoi nous devons nous frotter.

Garder la tête dans les nuages et les pieds sur terre serait le deuxième conseil utile à garder en tête je pense car si un écrivain se doit d’entretenir son monde intérieur, être auto-éditeur l’obligera, d’une manière ou d’une autre, à entretenir également son sens des réalités, qu’il le veuille ou non.

Al : Pensez-vous que l’auto édition est une réponse positive aux grandes structures ?

VBR : Je pense que oui, d’abord parce que je suis quelqu’un de profondément positif, mais aussi parce que je pense que l’auto édition et l’édition classique peuvent (à terme car ce n’est pas encore le cas) s’entraider au lieu de cultiver un antagonisme qui n’est bon pour personne au final.

Je pense que les deux systèmes permettront, en temps et en heure, de privilégier un meilleur traitement des auteurs par les grandes maisons car ils ne seront plus seulement dépendants de leur bon vouloir et qu’il permettra ainsi aux lecteurs de découvrir toujours plus d’univers littéraires, riches et inspirants.

Al : La communauté Wattpad connait un engouement auprès de ceux qui veulent partager leurs écrits sans pour autant se lancer dans l’édition. Est-ce un bon moyen de se faire connaître auprès du public ? Que retirez-vous de cette expérience ?

VBR : Oui, je pense que Wattpad est un bon moyen de « booster » une carrière d’écrivain, débutant ou non. Il suffit de s’y faire repérer et cela demande du travail, que cela nous convienne ou pas.

Personnellement, je ne peux pas vraiment parler d’expérience Wattpad car je dois confesser que je n’y ai pas consacré les efforts que j’aurais dû. Je n’abandonne pas le projet mais je vais m’y intéresser différemment et je vais prochainement y publier une série de « short stories ».

Cela est valable pour le reste de ma stratégie littéraire d’ailleurs.

Dans cette optique, j’ai créé un nouveau site, uniquement dédié à mes livres et aux livres que j’aime celui-ci, pour le lancement du tome 2 des aventures des Sorcières de Salers. 

Je garde mon site du Cabinet Fantastique bien-sûr mais je vais l’orienter différemment. Je vais bientôt y placer une boutique de « goodies » en relation avec mes livres certes mais pas que… Il y en aura pour tous les goûts en magie, mystique, grimoires et compagnie mais il ne s’agira pas de tout venant non plus, je vous rassure, j’y mettrai le temps mais je proposerais des choses qui ne se trouvent pas facilement, voir pas du tout J.

Je vais également « migrer » plusieurs éléments de ce site vers le deuxième site que j’ai créé, www.virginiabrobilliardbooks.com, pour ne pas faire double emploi. Donc, gardez l’œil sur ces deux sites car je vous y promets des surprises pour bientôt !

Al : Entre votre travail, la maison, l’écriture, vos projets, avez-vous une potion magique pour que les journées fassent plus de 24 heures ?

VBR : Malheureusement non mais j’aimerais bien !

Je crois que LE truc c’est d’avoir une organisation à toute épreuve et même là, ce n’est pas tous les jours facile.

Mais… même si cela représente une masse de travail titanesque, je pense que travailler pour sa passion donnera toujours un sentiment d’accomplissement capable de faire « oublier » les nuits blanches et le reste.

Je remercie Virginia Besson Robilliard de nous avoir accordé du temps pour cette interview.

Le deuxième tome est disponible à la librairie d'Almyre et chez IggyBook.

Vous ne connaissez pas Les Sorcières de Salers ?  Venez les découvrir en téléchargeant les extraits.

Les Sorcières de Salers tome 1   Les Sorcières de Salers, Tome 2

 

Information de dernière minute : Virginia Besson Robilliard vous offre le tome 1 : Le Renard à Neuf Queues après toute nouvelle inscription à sa newsletter sur le site www.virginiabrobilliardbooks.com